mardi 10 mars 2009

Le jour où l'on réparera les imprimantes en panne...

Quelles sont les causes de l’absentéisme ? Cette question, on me la pose trois fois par jour. Moi-même, je continue de ma le poser car il n’y a tellement de réponses possibles et aucune définitive.

Les DRH ou les managers attendent souvent de grandes réponses : « C’est un problème de reconnaissance, n’est-ce pas ? », « C’est lié à la culture française ? Notre côté gaulois, toujours râleurs… », « C’est un manque d’équité perçu de la part des salariés ? », etc.

J’ai envie de répondre que c’est beaucoup plus simple que ça : c’est que l’imprimante est encore en panne, que les toilettes sont souvent bouchées, que l’on a modifié l’ergonomie d’un poste de travail sans interroger celui qui l’occupait, que le directeur de services ne passe jamais dire « bonjour » sur le terrain et serrer des mains…

Lors de mes enquêtes de terrain, les salariés ne me disent pas qu’ils ne se sentent pas reconnus, mais me listent tous les points mentionnés ci-dessus. Le meilleur exemple, c’est l’imprimante en panne. J’ai un exemple précis en tête d’une entreprise où ce souci est revenu dans la bouche d’une dizaine de personnes. Elle était tombée en panne et il avait fallu trois semaines pour la réparer alors que sa panne avait été signalée immédiatement.

Peu importe le responsable (le réparateur, le responsable logistique…), le fait est que pendant trois semaines, personne (et surtout pas leur chef) ne s’était soucié qu’il fallait faire dix mètres de plus à tous les employés pour imprimer. Or comme il passait une grande partie de leur temps à courir entre leur bureau où ils accueillaient les clients et l’imprimante, c’était des kilomètres en plus parcourus chaque semaine. Surtout, c’était du temps perdu alors que la direction avait mis la pression pour faire croître la productivité. Enfin, c’était un sujet d’irritation de tous les jours, toutes les heures, toutes les 5 minutes. A chaque fois qu’ils devaient faire dix mètres de plus, ils ressassaient : « ah cette imprimante qui est encore en panne ! ».

Les salariés interrogés se sentaient ainsi comme des pions dans l’entreprise, des moins que rien puisqu’on ne leur accordait même pas une imprimante qui marche !

Le jour où l'on réparera les imprimantes en panne... je serai au chômage !

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