Comment expliquer l’augmentation de l’absentéisme chez les jeunes ? Par de multiples raisons : démotivation, défaut d’intégration, faible conscience professionnelle, représailles à l’encontre de leur manager, effet de décompression après l’obtention d’un CDI…
Il existe également une autre explication apparemment en hausse ces derniers temps : la recherche d’un golden parachute ! Eh bien oui : puisqu’on entend dans les médias que les hauts dirigeants partent avec un gros chèque dans la poche, même si les résultats de l’entreprise ne sont pas au rendez-vous, pourquoi pas moi ?
Seulement, ce type de rémunération n’est pas inscrit dans leur contrat de travail. Certains salariés désireux de changer d’horizons demandent alors à se faire licencier par leur entreprise, histoire de partir avec de quoi tenir quelques mois et toucher les Assedic. Le problème, c’est que les entreprises refusent généralement cette pratique.
Du coup, pour se faire licencier, le salarié va s’absenter afin de désorganiser la production… jusqu’à ce que l’entreprise finisse par céder. Cette pratique se répand actuellement dans certains secteurs comme la restauration rapide et la grande distribution. Bref, l’absentéisme est un moyen pour les salariés d’obtenir un golden parachute de pauvre !
Affichage des articles dont le libellé est Les professionnels de santé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les professionnels de santé. Afficher tous les articles
mercredi 8 avril 2009
dimanche 15 mars 2009
Ces malades qui refusent de s'arrêter (2)
Parmi les malades qui ne veulent pas s’arrêter, dont je parlais dans le précédent post, il y a aussi un autre cas de figure : ceux qui aimeraient s’arrêter mais craignent la réaction de leur employeur, voire de leurs collègues. Derrière gît toujours une peur : peur de se faire mal voir, peur de passer pour un faible, peur pour sa promotion, peur du placard…
On trouve ce type de comportement dans les hautes sphères du pouvoir dans la mesure où la condition physique est une compétence à part entière : un top-manager qui s’arrête, c’est un top-manager qui ne mérite pas de l’être ou alors sur le déclin.
On trouve ce type de comportement chez des individus se croyant indispensables (à tort ou à raison) au bon fonctionnement de leur service ou plus globalement de leur entreprise. Souvent, ces cadres qui se plaignent d’être débordés et de devoir tout faire par eux-mêmes, sont aussi ceux qui ne délègueraient certaines tâches pour rien au monde, ayant sinon l’impression de perdre une partie de leur pouvoir.
On trouve aussi ce comportement à des niveaux hiérarchiques bien plus faibles chez des salariés vivant sous pression de leur supérieur hiérarchique direct. La question est ensuite de savoir si les conséquences négatives sur la carrière d’un éventuel arrêt relève de sa croyance du salarié ou de la réalité de l’entreprise. D’après mes enquêtes de terrain, la pression des managers de certaines entreprises sur les salariés pour qu'ils viennent travailler même malades ou sur les salariés en arrêt afin qu’ils reprennent rapidement leur poste de travail n’est pas un mythe.
C’est une pratique de management à court terme : cela limite certes les arrêts de courte durée, mais cela accroît à moyen terme les arrêts de longue durée (maladie grave, dépression…).
On trouve ce type de comportement dans les hautes sphères du pouvoir dans la mesure où la condition physique est une compétence à part entière : un top-manager qui s’arrête, c’est un top-manager qui ne mérite pas de l’être ou alors sur le déclin.
On trouve ce type de comportement chez des individus se croyant indispensables (à tort ou à raison) au bon fonctionnement de leur service ou plus globalement de leur entreprise. Souvent, ces cadres qui se plaignent d’être débordés et de devoir tout faire par eux-mêmes, sont aussi ceux qui ne délègueraient certaines tâches pour rien au monde, ayant sinon l’impression de perdre une partie de leur pouvoir.
On trouve aussi ce comportement à des niveaux hiérarchiques bien plus faibles chez des salariés vivant sous pression de leur supérieur hiérarchique direct. La question est ensuite de savoir si les conséquences négatives sur la carrière d’un éventuel arrêt relève de sa croyance du salarié ou de la réalité de l’entreprise. D’après mes enquêtes de terrain, la pression des managers de certaines entreprises sur les salariés pour qu'ils viennent travailler même malades ou sur les salariés en arrêt afin qu’ils reprennent rapidement leur poste de travail n’est pas un mythe.
C’est une pratique de management à court terme : cela limite certes les arrêts de courte durée, mais cela accroît à moyen terme les arrêts de longue durée (maladie grave, dépression…).
Ces malades qui refusent de s'arrêter (1)
A l’opposé de ces fameux professionnels de l’absentéisme, on trouve aussi des travailleurs malades qui refusent de s’arrêter.
Un médecin en Vendée me parlait récemment de sa difficulté à faire s’arrêter ne serait-ce que deux ou trois jours parfois des agriculteurs ou des petits commerçants qui, selon lui, en avaient vraiment besoin. Il s’agit souvent d’indépendants qui ne comptent pas leurs heures et/ou aiment leur métier. Souvent ils constituent le socle de leur identité.
Alors s’arrêter, pour eux, serait perçu comme une humiliation vis-à-vis de leurs confrères (ils passeraient pour des faibles, des petites natures…), mais aussi tout simplement vis-à-vis d’eux-mêmes. Avec un lourd sentiment de culpabilité et de crainte : je ne suis plus capable de tenir le rythme, je me sens vieillir, mon père, lui, ne s’est jamais arrêté alors qu’à son époque le travail était bien plus dur… En outre, la dimension pécuniaire n’est pas absente de leur discours : ils ne peuvent pas se permettre financièrement de s’arrêter. Qui fera le travail à leur place ?
Et puis, s’arrêter pour faire quoi ? L’arrêt est assimilé aux vacances, à la paresse, quand eux placent extrêmement haut la valeur travail.
Il est donc des populations que les médecins généralistes doivent persuader de s’arrêter quelque peu pour ménager leur santé. En effet, elles viennent les consulter souvent quand il est déjà tard, lorsque la douleur devient véritablement insoutenable et ils n’attendent du médecin qu’un calmant ou un médicament miracle qui contiendra le mal : « tais-toi ô ma douleur et tiens toi plus tranquille ». Le danger pour ce type d’individus est de repousser la maladie encore quelque temps au lieu d’écouter leur corps qui dit « stop ! ». Jusqu’à ce qu’un grave accident de santé ne les oblige à s’arrêter longtemps.
Pour les convaincre de souffler quelques jours, ce médecin vendéen convoquait l’entourage familial (conjoint, parents, enfants…) à chaque fois qu’un de ses patients refusaient que lui soit prescrit un arrêt maladie. Mais comme il disait : « Encore faut-il que l’arrêt que je donne soit vraiment respecté ! Je n'ai pas moyen de vérifier. C’est la limite de notre métier ! »
Un médecin en Vendée me parlait récemment de sa difficulté à faire s’arrêter ne serait-ce que deux ou trois jours parfois des agriculteurs ou des petits commerçants qui, selon lui, en avaient vraiment besoin. Il s’agit souvent d’indépendants qui ne comptent pas leurs heures et/ou aiment leur métier. Souvent ils constituent le socle de leur identité.
Alors s’arrêter, pour eux, serait perçu comme une humiliation vis-à-vis de leurs confrères (ils passeraient pour des faibles, des petites natures…), mais aussi tout simplement vis-à-vis d’eux-mêmes. Avec un lourd sentiment de culpabilité et de crainte : je ne suis plus capable de tenir le rythme, je me sens vieillir, mon père, lui, ne s’est jamais arrêté alors qu’à son époque le travail était bien plus dur… En outre, la dimension pécuniaire n’est pas absente de leur discours : ils ne peuvent pas se permettre financièrement de s’arrêter. Qui fera le travail à leur place ?
Et puis, s’arrêter pour faire quoi ? L’arrêt est assimilé aux vacances, à la paresse, quand eux placent extrêmement haut la valeur travail.
Il est donc des populations que les médecins généralistes doivent persuader de s’arrêter quelque peu pour ménager leur santé. En effet, elles viennent les consulter souvent quand il est déjà tard, lorsque la douleur devient véritablement insoutenable et ils n’attendent du médecin qu’un calmant ou un médicament miracle qui contiendra le mal : « tais-toi ô ma douleur et tiens toi plus tranquille ». Le danger pour ce type d’individus est de repousser la maladie encore quelque temps au lieu d’écouter leur corps qui dit « stop ! ». Jusqu’à ce qu’un grave accident de santé ne les oblige à s’arrêter longtemps.
Pour les convaincre de souffler quelques jours, ce médecin vendéen convoquait l’entourage familial (conjoint, parents, enfants…) à chaque fois qu’un de ses patients refusaient que lui soit prescrit un arrêt maladie. Mais comme il disait : « Encore faut-il que l’arrêt que je donne soit vraiment respecté ! Je n'ai pas moyen de vérifier. C’est la limite de notre métier ! »
Le blues du médecin
Si l’Etat n’a pas le monopole de la violence et Mitterrand le monopole du cœur, les dentistes, quant à eux, n’ont pas non plus le monopole du blues. Les médecins, eux aussi, ont aussi un moral subissant des coups de mou.
C’est particulièrement le cas d’un médecin généraliste avec qui j’évoquais récemment la question du discernement pour évaluer la nécessité et la durée d’un arrêt maladie. Il reconnaissait, comme beaucoup la part de subjectivité et de « pifomètre », le pifomètre étant le nom vulgaire de ce que l’on nomme plus couramment l’expérience, le vécu ou le métier.
Surtout, il me faisait part de son sentiment d’impuissance face à la dureté du monde du travail. « Si les gens ont des conditions de travail de plus en plus difficiles, que voulez-vous que je fasse ? A mon niveau je ne peux que les arrêter quelques jours, pour quelques semaines… Mais après ? Leurs conditions de travail ne vont pas changer comme ça miraculeusement ? Leurs difficultés vont se renouveler ! »
Apparemment, il avait parmi sa clientèle de nombreux jeunes travaillant sur des plateformes téléphoniques, soumis à un métier parfois ingrat, souvent stressant et toujours avec une forte attente de productivité. Ils s’inquiétaient de voir des gens si jeunes se plaindre de dépression, de TMS ou d’autres maux qu’ils rencontraient naguère plutôt chez des travailleurs plus âgés en fin de carrière professionnelle.
Face au néo-taylorisme, face à ce qu’il ressent comme une dégradation des conditions de travail, que peut-il faire en effet ? Pas grand-chose si ce n’est écrire aux médecins du travail pour que ceux-ci lui répondent qu’ils sont conscient des effets de ce type de métier. C’est ainsi qu’il m’exprimait son fort sentiment d’impuissance, n’ayant l’impression ni de prévenir ni de guérir, mais seulement d’arriver en bout de chaîne d’un système capitaliste puissant poussant à délocaliser ou à accroître sans fin la productivité des métiers peu qualifiés.
J’avoue ne pas avoir su comment le consoler.
C’est particulièrement le cas d’un médecin généraliste avec qui j’évoquais récemment la question du discernement pour évaluer la nécessité et la durée d’un arrêt maladie. Il reconnaissait, comme beaucoup la part de subjectivité et de « pifomètre », le pifomètre étant le nom vulgaire de ce que l’on nomme plus couramment l’expérience, le vécu ou le métier.
Surtout, il me faisait part de son sentiment d’impuissance face à la dureté du monde du travail. « Si les gens ont des conditions de travail de plus en plus difficiles, que voulez-vous que je fasse ? A mon niveau je ne peux que les arrêter quelques jours, pour quelques semaines… Mais après ? Leurs conditions de travail ne vont pas changer comme ça miraculeusement ? Leurs difficultés vont se renouveler ! »
Apparemment, il avait parmi sa clientèle de nombreux jeunes travaillant sur des plateformes téléphoniques, soumis à un métier parfois ingrat, souvent stressant et toujours avec une forte attente de productivité. Ils s’inquiétaient de voir des gens si jeunes se plaindre de dépression, de TMS ou d’autres maux qu’ils rencontraient naguère plutôt chez des travailleurs plus âgés en fin de carrière professionnelle.
Face au néo-taylorisme, face à ce qu’il ressent comme une dégradation des conditions de travail, que peut-il faire en effet ? Pas grand-chose si ce n’est écrire aux médecins du travail pour que ceux-ci lui répondent qu’ils sont conscient des effets de ce type de métier. C’est ainsi qu’il m’exprimait son fort sentiment d’impuissance, n’ayant l’impression ni de prévenir ni de guérir, mais seulement d’arriver en bout de chaîne d’un système capitaliste puissant poussant à délocaliser ou à accroître sans fin la productivité des métiers peu qualifiés.
J’avoue ne pas avoir su comment le consoler.
"Soit faut changer de métier, soit faut changer de médecin !"
Il faut arrêter avec le fantasme de médecins accordant à tour de bras des arrêts maladie de complaisance. L’image de professionnels de l’absentéisme connaissant dans leur entourage ou par réputation un ou deux médecins plus « généreux » que les autres, ou plus sensibles à leur maladie (vraie ou feinte) est à tempérer. D’ailleurs, la différence entre deux médecins se joue surtout sur le nombre de jours de convalescence : tandis que l’un l’estimera à une semaine, l’autre accordera deux semaines.
Cette image est à tempérer car la chasse aux abus est menée par la Cnam depuis quelques années et les médecins traitants se voient de plus en plus responsabilisés. Concrètement, un médecin qui accorde un nombre de jours d’arrêts de travail bien au-delà de la moyenne de ses confrères risque de recevoir dans un premier temps un courrier, puis de se faire contrôler.
Cette responsabilisation, si j’en crois les médecins généralistes que je rencontre, est réelle, au sens où ils l’ont pour la plupart intégrée. Nombre d’entre eux sont ainsi critiques envers les patients qui jaugent la qualité d’un médecin au nombre de médicaments qu’il va leur prescrire ou qui arrivent avec une liste déjà tout faite, digne de leur liste de courses au supermarché, de médicaments à acheter. De même, ils sont critiques vis-à-vis des patients qui arrivent en demandant ouvertement un grand nombre de jours d’arrêt, se plaignant de douleurs diffuses ou de relations au travail difficiles.
Non seulement, ils n’ont pas spécialement l’intention de contribuer au « trou de la Sécu », mais ils savent que leurs statistiques d’arrêts de travail sont observées. Ainsi, j’ai rencontré récemment un médecin qui me disait n’accorder que des arrêts de 3 mois maximum, renouvelable une fois. En effet, pour lui, s’absenter de son travail plus de 6 mois n’a pas de sens. Il conseillait alors aux patients dans ce cas soit de changer de métier, soit de changer de médecin !
C’est un des effets de la responsabilisation des généralistes : plutôt que d’avoir un médecin complaisant, les professionnels de l’absentéisme doivent en avoir plusieurs ou consulter régulièrement des généralistes différents. Cela devient de plus en plus dur d’être un professionnel de l’absence. Ah, il n’y a pas à dire, c’était vraiment mieux avant !
Cette image est à tempérer car la chasse aux abus est menée par la Cnam depuis quelques années et les médecins traitants se voient de plus en plus responsabilisés. Concrètement, un médecin qui accorde un nombre de jours d’arrêts de travail bien au-delà de la moyenne de ses confrères risque de recevoir dans un premier temps un courrier, puis de se faire contrôler.
Cette responsabilisation, si j’en crois les médecins généralistes que je rencontre, est réelle, au sens où ils l’ont pour la plupart intégrée. Nombre d’entre eux sont ainsi critiques envers les patients qui jaugent la qualité d’un médecin au nombre de médicaments qu’il va leur prescrire ou qui arrivent avec une liste déjà tout faite, digne de leur liste de courses au supermarché, de médicaments à acheter. De même, ils sont critiques vis-à-vis des patients qui arrivent en demandant ouvertement un grand nombre de jours d’arrêt, se plaignant de douleurs diffuses ou de relations au travail difficiles.
Non seulement, ils n’ont pas spécialement l’intention de contribuer au « trou de la Sécu », mais ils savent que leurs statistiques d’arrêts de travail sont observées. Ainsi, j’ai rencontré récemment un médecin qui me disait n’accorder que des arrêts de 3 mois maximum, renouvelable une fois. En effet, pour lui, s’absenter de son travail plus de 6 mois n’a pas de sens. Il conseillait alors aux patients dans ce cas soit de changer de métier, soit de changer de médecin !
C’est un des effets de la responsabilisation des généralistes : plutôt que d’avoir un médecin complaisant, les professionnels de l’absentéisme doivent en avoir plusieurs ou consulter régulièrement des généralistes différents. Cela devient de plus en plus dur d’être un professionnel de l’absence. Ah, il n’y a pas à dire, c’était vraiment mieux avant !
mardi 10 mars 2009
"De combien de jours d'arrêts avez-vous besoin ?"
La rencontre entre un patient et un médecin s’apparente d’une certaine manière comme une négociation implicite concernant la prescription que le second accordera au premier. Cela est d’autant plus vrai quand un arrêt de travail est en jeu. Combien de jours voudraient obtenir le patient ? Combien de jours donnera le médecin traitant ?
Un médecin de mon entourage a mis au point une stratégie particulière pour faire face à cette situation de négociation. Dans un premier temps, il écoute le patient, l’ausculte… et se fait ainsi une idée du nombre de jours d’arrêt nécessaire au travailleur en face de lui. Mais il se garde bien de dévoiler ce chiffre.
Dans un deuxième temps, il demande au patient d’évaluer lui-même le nombre de jours d’arrêt qui lui semble nécessaire. La personne est alors souvent surprise, voire décontenancée. En évaluant elle-même son temps de convalescence, elle se trouve responsabilisée. Si elle demande un nombre de jours trop important, elle risque de se décrédibiliser.
Enfin, la troisième étape est celle du dialogue entre le médecin et le patient pour concilier leur point de vue. Généralement, le médecin en question propose aux patients demandant un temps d’arrêt plus long que ce qu’il estime nécessaire de revenir la veille de la fin de l’arrêt pour le prolonger si nécessaire. D’après son expérience, c’est rare qu’ils reviennent !
Un médecin de mon entourage a mis au point une stratégie particulière pour faire face à cette situation de négociation. Dans un premier temps, il écoute le patient, l’ausculte… et se fait ainsi une idée du nombre de jours d’arrêt nécessaire au travailleur en face de lui. Mais il se garde bien de dévoiler ce chiffre.
Dans un deuxième temps, il demande au patient d’évaluer lui-même le nombre de jours d’arrêt qui lui semble nécessaire. La personne est alors souvent surprise, voire décontenancée. En évaluant elle-même son temps de convalescence, elle se trouve responsabilisée. Si elle demande un nombre de jours trop important, elle risque de se décrédibiliser.
Enfin, la troisième étape est celle du dialogue entre le médecin et le patient pour concilier leur point de vue. Généralement, le médecin en question propose aux patients demandant un temps d’arrêt plus long que ce qu’il estime nécessaire de revenir la veille de la fin de l’arrêt pour le prolonger si nécessaire. D’après son expérience, c’est rare qu’ils reviennent !
Dur, dur d'être médecin !
Les managers dont l’équipe ou l’établissement connaît un taux d’absentéisme important ont tous le même fantasme maléfique : le médecin traitant qui distribue des arrêts de complaisance à tour de bras.
Les études de la CNAM montrent quant à elles que les médecins de complaisance, pris en flagrant délit en tout cas, il n’y en a pas tant que ça. Et surtout, vu l’augmentation des contrôles et la responsabilisation des médecins, il y en a sûrement de moins en moins.
Toujours est-il que je discute régulièrement de la problématique des arrêts maladie avec des médecins. Tous me disent qu’il est toujours difficile d’évaluer le nombre de jours nécessaires à un patient que l’on ne connaît pas. « Quand on est un médecin de famille, qu’il y a une relation de confiance, que l’on connaît le patient depuis longtemps, c’est facile, me disait ainsi l’un d’eux. Mais quand c’est une personne qu’on voit pour la première fois, qu’on ne connaît pas l’entreprise où elle travaille ni vraiment ses conditions de travail, là, c’est vraiment du ressenti, il y a une part de subjectif, c’est sûr, il faut le dire. »
La difficulté est d’autant plus grande que la maladie est invisible et la douleur insondable. « On est obligé de faire confiance aux patients aussi. On n’est pas omniscient. Et puis on n’est pas égaux devant la douleur. Certains résistent mieux que d’autres devant la même souffrance. » Je comprends bien la difficulté du médecin : comment évaluer la force d’une douleur dans le dos ? Comment évaluer la profondeur d’une dépression ?
D’où les disparités en terme d’arrêts prescrits par les uns ou les autres. Une journaliste feignant d’être fatiguée et de s’être disputée avec son chef a ainsi pu obtenir entre 6 à 11 jours d’arrêt suivant les 4 médecins consultés (cf. B. Dillies, « 6 à 11 jours d’arrêt pour une simple fatigue », La Dépêche du Midi, 30 juillet 2007).
Les études de la CNAM montrent quant à elles que les médecins de complaisance, pris en flagrant délit en tout cas, il n’y en a pas tant que ça. Et surtout, vu l’augmentation des contrôles et la responsabilisation des médecins, il y en a sûrement de moins en moins.
Toujours est-il que je discute régulièrement de la problématique des arrêts maladie avec des médecins. Tous me disent qu’il est toujours difficile d’évaluer le nombre de jours nécessaires à un patient que l’on ne connaît pas. « Quand on est un médecin de famille, qu’il y a une relation de confiance, que l’on connaît le patient depuis longtemps, c’est facile, me disait ainsi l’un d’eux. Mais quand c’est une personne qu’on voit pour la première fois, qu’on ne connaît pas l’entreprise où elle travaille ni vraiment ses conditions de travail, là, c’est vraiment du ressenti, il y a une part de subjectif, c’est sûr, il faut le dire. »
La difficulté est d’autant plus grande que la maladie est invisible et la douleur insondable. « On est obligé de faire confiance aux patients aussi. On n’est pas omniscient. Et puis on n’est pas égaux devant la douleur. Certains résistent mieux que d’autres devant la même souffrance. » Je comprends bien la difficulté du médecin : comment évaluer la force d’une douleur dans le dos ? Comment évaluer la profondeur d’une dépression ?
D’où les disparités en terme d’arrêts prescrits par les uns ou les autres. Une journaliste feignant d’être fatiguée et de s’être disputée avec son chef a ainsi pu obtenir entre 6 à 11 jours d’arrêt suivant les 4 médecins consultés (cf. B. Dillies, « 6 à 11 jours d’arrêt pour une simple fatigue », La Dépêche du Midi, 30 juillet 2007).
Inscription à :
Articles (Atom)